Pourquoi Bitcoin ? Qu’est-ce que Bitcoin ?

I. Prix, usage, réputation, portée

  • Pour beaucoup, Bitcoin ne repose sur rien, il est virtuel, volatile, financier, risqué, immoral, spéculatif, maléfique, ruineux. C’est une nouvelle forme de Tulipe hollandaise du XVIIème siècle.
  • Il est privilégié par les hors-la-loi, les brigands, les anarchistes, les terroristes et les hippies.
  • Il est démesurément énergivore et polluant, c’est l’ennemi mortel de l’écologie.
  • Il sera impitoyablement régulé, encadré, limité, interdit par l’Etat, les banques centrales, le FMI, etc.
  • C’est un attrape-nigaud, une fausse monnaie, inutile, déflationniste, néfaste, ringarde, incapable de passer à l’échelle.
  • Son minage est insuffisamment décentralisé, et il accaparé par les Chinois.
  • C’est le Myspace ou le Netscape des cryptomonnaies : il sera marginalisé par ses concurrents Ethereum, Libra et les monnaies digitales de banque centrale.
  • Et si, par miracle, il surmonte tous ces défauts, tares et péchés originels, il sera balayé par l’ordinateur quantique.
  • Son réseau de paiement fonctionne sans tiers de confiance et il est résistant à la censure (c’est-à-dire au pouvoir arbitraire d’un acteur d’empêcher une transaction).
  • Son système monétaire ne repose sur aucune régulation centrale, sa monnaie est résistante à l’inflation (c’est-à-dire à la tentation d’augmenter la création monétaire au-delà de ce qui est prévu), et elle est par ailleurs programmable.

II. Origines

III. Fonctionnement

  • Le protocole Bitcoin ne fait l’objet d’aucune propriété intellectuelle, il est open source. Personne n’a de pouvoir direct sur son contenu et son évolution. Les améliorations régulièrement apportées ne sont mises en œuvre que dans la mesure où les utilisateurs du logiciel acceptent de télécharger les nouvelles versions ayant auparavant fait l’objet d’un consensus dans la communauté des développeurs qui travaillent sur le protocole. Ce fonctionnement — inspiré notamment de Linux — n’a rien à voir avec les processus de décision centralisés et hiérarchisés auxquels nous sommes habitués.
  • Le contrôle de l’absence de double dépense n’est pas effectué par des tiers de confiance mais par la « multitude » : pour cela, les transactions comme le registre comptable ne sont pas secrets mais publics.
  • Le registre comptable n’est pas tenu de manière centralisée par un nombre limité d’acteurs mais décentralisé et dupliqué sur des milliers d’ordinateurs dans le monde entier. Plus ces acteurs sont nombreux, plus il sera difficile de pirater ce registre.
  • Le système est ouvert : tout individu peut y participer (et s’en retirer) sans aucune autorisation, soit en tant que détenteur de bitcoins, soit en tant que nœud du réseau (il suffit pour cela de télécharger le logiciel et la base de données).
  • La vérification de la validité des transactions est instantanée et sans coût. L’inscription des transactions validées dans le registre se fait également instantanément et sans coût (par les nœuds du réseau) mais à la suite d’un processus lent (10 minutes) et extrêmement coûteux : le minage par la preuve de travail (cf. infra).
  • Un niveau important de consommation énergétique doit être assumé pour sécuriser cette nouvelle couche d’Internet.
  • « Energivore » ne signifie pas « polluant » : les mineurs ont souvent intérêt à trouver des sources d’énergie renouvelables et parviennent même parfois à les rendre rentables là où elles ne le sont pas .
  • Le passage à l’échelle de Bitcoin devrait pouvoir se faire sans consommation additionnelle d’énergie, par exemple avec le Lightning Network (cf. infra).

IV. Une monnaie en devenir

  • La monnaie est une chose trop importante pour être livrée au marché et à la liberté : elle doit être pilotée par la puissance publique.
  • Il est légitime que la monnaie soit utilisée par les pouvoirs publics comme un instrument de politique économique (par exemple pour la stabilisation macro-économique ou la poursuite du plein emploi).
  • Un peu d’inflation ne fait pas de mal, au contraire.
  • La déflation est une calamité absolue.
  • Si les monopoles sont décriés parce qu’ils tendent à augmenter les prix de vente des produits tout en diminuant leur qualité, qu’est-ce qui justifie de maintenir un monopole de la production de monnaie ?
  • Si la planification centralisée de la production n’a jamais fonctionné, à aucune époque, dans aucun pays, dans aucun secteur économique, pourquoi maintenir une forme de planification centralisée de la production monétaire ? (NB : la monnaie est créée par les banques commerciales par le crédit mais d’une manière si étroitement encadrée par la puissance publique que cela peut s’apparenter à de la planification centralisée).
  • Si l’inflation est souhaitable, pourquoi les consommateurs préfèrent-ils des prix qui baissent à des prix qui augmentent ? Pourquoi plébiscitent-ils les soldes ? Veut-on améliorer ou dégrader le pouvoir d’achat ?
  • Si la déflation est dangereuse parce qu’elle incite les consommateurs à reporter leurs achats en attendant que les prix poursuivent leur baisse, pourquoi la consommation de produits informatiques, dont les prix diminuent depuis des années, n’est-elle pas en chute libre ?
  • Souhaite-t-on « relancer la consommation » (par une dose d’inflation) ou lutter contre la « société de consommation », « l’obsolescence programmée » et la surexploitation des ressources naturelles ?
  • Est-il raisonnable de confier le pilotage de la création monétaire à une entité — la puissance publique — qui a un intérêt objectif à créer davantage de monnaie à son propre profit ?
  • Quel contrôle démocratique s’exerce sur la politique monétaire ? La création monétaire entraîne de l’inflation (à travers des bulles d’actifs quand ce n’est pas par une hausse généralisée des prix à la consommation). Or l’inflation est une forme d’impôt (elle « euthanasie les rentiers », selon la formule de Keynes). L’un des principes fondateurs de la démocratie n’est-il pas que l’impôt est voté par le parlement ? Les électeurs se prononcent-ils sur la politique monétaire ?
  • Est-on réellement satisfait de la manière dont fonctionne le système monétaire international depuis 1971 ? Produit-il moins de cycles économiques, moins de crises monétaires, moins d’inégalités sociales résultant de l’effet Cantillon (transfert de pouvoir d’achat relatif, au profit des personnes qui bénéficient en premier des injections monétaires avant que ces dernières ne fassent augmenter les prix des actifs) ?
  • L’expérience utilisateur reste très perfectible mais elle progresse à grands pas.
  • Les smarts contracts sont possibles sur Bitcoin, de manière encore relativement limitée mais avec des perspectives de développement.
  • Des transactions par satellite pour surmonter les risques de coupure d’Internet sont en train de devenir possibles.
  • Enfin, le passage à l’échelle est en cours, avec notamment le Lightning Network, qui pourrait permettre un nombre illimité de transactions par seconde, avec un niveau acceptable de sécurité et un niveau supérieur d’anonymat, sur des échelles de temps minuscules, et sans dépense énergétique additionnelle.

Conclusion : Bitcoin, insaisissable et incontournable

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Conseiller référendaire à la Cour des comptes

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Yorick de Mombynes

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